Nargue tes lois !
Je suis les silences entre ses lignes, les trois petits points qui s’évaporent. Je caresse les doux souvenirs de ces quelques heures partagées. Je voudrais lui exprimer à quel point cela me met en émoi. Trouver les mots pour lui raconter ce qu’il se passe là, en mon intérieur. Lui avouer que je n’ai pas peur. Que je trouve cela si bon, de me laisser ainsi flotter. Que cela me porte loin…
Chaque jour depuis est devenu une suite emplie de raffinement. Et je savoure. Ma fortune est bien là, au sein de cette délicatesse.
L’éloignement infligé me porte à croire, une fois encore, que le bonheur est dans l’imagination. Mais ô combien fût-elle exorciser il y a peu !
Mes songes, mes pensées, mon être tout entier se laisse emporter à la simple réminiscence de quelque scène. Tous mes sens en alerte guettent le moindre de ses signes. Et je préfère de loin rester dans l’illusion, dans les non-dits. Ils m’apportent les rêves nécessaires à la création. Ils m’apportent le charme de la situation.
J’aime cette jouissance, cette vie de luxure. Charmée du corps à l’esprit, il ne m’en fallait pas tant pour susurrer les doux prémices de ce noble sentiment. Mais ô combien je me méfie de moi, parfois. Et parfois seulement, c’est ton pied à l’étrier que j’attacherais pour mieux te prendre…