Un quotidien lourd de sens

octobre 27, 2009 at 12:55 (Uncategorized)

Attendre. Je passe ma vie à attendre. Attendre qu’il se passe quelque chose. Qu’il y ait de l’action, un petit quelque chose qui titille mes sens, qui m’élève un peu. Je suis l’auteur imaginaire de ma propre vie. C’est ainsi que je parviens à m’évader du morne de mon existence. Sinon comment aurais-je tenu tant d’années ? Le pétillant je le trouve dans la découverte de nouvelles personnes. J’aime appréhender un nouvel espace. Cette personne alors inconnue qui m’attire m’entraîne dans son univers et me permet d’émoustiller mon quotidien imaginaire. Les dialogues, ces échanges parfois improductifs parfois source d’émerveillement sont comme une drogue. A d’autre moment, la découverte d’un corps se fait sentir. Quand tout est sexuel. Quand l’appel de la cyprine est bien plus fort ? Mon corps ne me trahit pas. Il est fidèle à lui-même. Il est la seule preuve de mon existence. Je n’existe qu’au travers du regard et de l’attention des autres. Je clame parfois cette attention dans de brèves apparitions artistiques. Regardez, je suis ! Mais je n’existe que parce que vous me rendez réelle. Sans vous, autour, je ne suis rien. Mon imagination est ma seule alliée. Je suis bien seule, il faut l’avouer. Je me suis volontairement éloignée de toute civilisation, bien tenue à l’écart de toute amitié. Amitié que je ne nourris pas assez pour qu’elle survive dans ce monde gangréné. Je nourris mon imagination d’éléments du quotidien qui détournés me transforme en un personnage de roman. Là, je prends vie. Je prends vie et ce peu importe s’il y a un public. J’existe, bien au delà du fantasmé. Je suis un personnage irréel qui me permet de vivre dans le monde réel. Monde où je ne suis que l’ombre de moi-même. Rythmée par les tâches quotidiennes, se lever, prendre le petit-déjeuner, sortir le chien, se doucher, aller bosser, manger, bosser, rentrer chez soi, promener le chien, entretenir ma vie virtuelle, sortir le chien, le nourrir, et dormir. Le lendemain tout recommence. Comment trouver la force de vivre ainsi ? De cumuler chaque journée les unes après les autres ? Quel est le sens de cette existence ? Et si demain je ne mangeais pas ? Et si demain je n’allais pas travailler ? Juste pour voir ? Juste supprimer une donne et voir le change ? La vie virtuelle m’apporte la richesse, l’engrais nécessaire au développement trait pour trait de cette existence. Sans l’imagination, je ne suis rien. Sans mon spleen récurrent, je ne crée rien. Et qu’est ce qui me fait le plus vivre ? Le Spleen me permet de créer, je crée grâce à l’imagination, mon imagination. Grâce à tout cela je trouve la force de vivre chacun de ces jour un peu plus identique au précédent.

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