Attendre…

novembre 1, 2009 at 10:07 (L'attente)

Se promenant sous la pluie en cette heure tardive, elle se sentait vivante. Elle sentait la fraîcheur de l’eau sur ses jambes, son jean était trempé. La lueur des réverbères se reflétaient sur les trottoirs mouillés. Elle pensait à sa journée.
Elle avait bien tenté de faire une grasse matinée, après tout c’était dimanche. Mais les bruits des voisins la forcèrent à sortir du lit. Elle fit son lit et prît son petit-déjeuner comme chaque matin. Un bol de Ricorée qu’elle fait chauffer au micro-ondes accompagné de deux petits pains au lait. Pendant que son bol d’eau chauffe, elle nourrit les poissons. Ensuite, elle prît un bain après tout nous sommes dimanche. Enveloppée dans l’eau chaude, elle s’occupa de sa pilosité, commençant par ses jambes, puis son sexe qu’elle aimait rasé au plus près. Elle termina par ses aisselles.
Elle ne resta pas longtemps dans l’eau trop chaude. La chaleur l’étouffait. Enrobée dans un peignoir, elle choisit ses vêtements dans le grand dressing. Elle s’habilla et termina de se préparer.
Il était encore tôt alors elle alluma l’ordinateur et se mit à travailler un peu. Elle avait quelques projets en cours et devait s’y atteler.
A midi, elle rejoignit Béatrice et Pascale dans l’un des seuls restaurants ouverts en ce jour férié. Le repas lui parut interminable. Les discussions courantes lui passaient au-dessus de la tête. Elle répondait, oubliant aussitôt le sujet de la conversation. Le restaurant était complet. A la table voisine, il y avait les éloges des voyages de chacun. Et tout l’étage du restaurant profitait des discours. L’une des convives venait de Nouvelle-Zélande et était en France pour les vacances. Tandis qu’un autre vantait les chambres d’hôtes d’Italie. Les plats qu’elle avait commandés se succédaient. Ils la captivaient davantage que ses amies. Elle s’amusait de la présentation de la tranche de foie gras poêlée accompagnée de ses fruits et de gros sel, le tout servi sur une grosse planche de bois.
Le dessert tardait à arriver. Elle luttait pour ne pas s’endormir à table. Elle avait déjà trop mangé. Elle comptait que si le dessert arrivait maintenant, le temps de le manger, le serveur ne viendrait prendre la commande du café qu’un quart d’heure plus tard. Et le temps qu’il apporte les cafés, qu’elle le boive, il y aurait encore au moins un quart d’heure. Et elle se sentait vraiment très fatiguée, si bien que ses paupières se fermaient quand elle fixait trop longtemps quelque chose.
La délivrance arriva. Elle le vécu ainsi quand elles eurent toutes fini leur café. Elles se levèrent et après avoir réglé la note, se séparèrent sur le trottoir.
Elle regagna d’un pas franc sa voiture garée non loin du restaurant. Nous étions dimanche, un jour férié, pendant les vacances, les places de stationnement ne manquaient pas.
Une fois rentrée chez elle, elle posa son blouson sur la chaise face au bureau et s’affala dans le canapé. Elle tira l’un des oreiller vers elle et elle s’endormit.
Dormir était pour elle une délivrance. En effet, pendant son sommeil, le temps passait. Et c’est tout ce qui l’intéressait, que le temps passa. Elle aurait donné n’importe quoi pour accélérer le temps. Elle s’ennuyait. Chaque moment de sa vie lui paraissait plus fade que le précédent. Alors dormir, c’était gagné du temps. Gagner du temps sur sa vie qu’elle ressentait sans intensité. Mais la sieste ne dura pas longtemps. Elle fut réveillée par la pluie. Dès qu’elle se leva, elle alluma l’ordinateur. Elle ne le fit pas seulement par habitude mais parce qu’elle devait travailler. Elle se prépara un thé dans la cuisine. Elle revint avec la tasse fumante qu’elle posa sur le bureau près du clavier de l’ordinateur. Elle resta quelques secondes, peut-être quelques minutes, devant l’écran sans rien faire. Elle cherchait par quoi elle allait commencer. Et elle se mit à travailler.
L’heure passa. C’est bien ce qu’elle attendait de la vie que l’heure passe. Elle entreprit de faire un peu rangement dans ses dossiers. Elle se posa devant l’une de ses bibliothèques et tira le premier dossier. Elle le vida devant elle et tria. Elle en fit autant pour tous les dossiers présents dans cette bibliothèque. A la fin, il y avait un tas de papier à même le sol. Elle alla chercher dans la cuisine le bac spécialement dédié au papier pour le tri sélectif.Elle entassa tous les papiers dans le bac puis le descendit et le vida dans le container collectif prévu à cet effet. Elle était satisfaite de cette action. Elle regarda l’heure et sentit encore tout le poids du temps peser sur ses épaules. Alors elle s’asseya dans la méridienne du canapé et lu. Sa lecture fut dérangée par le clignotement de l’écran de l’ordinateur. Une fenêtre MSN venait de s’ouvrir, c’était Clarence. Elle alla échanger quelques mots avec elle. De fil en aiguille, Clarence lui proposa de passer. Elle n’attendait que ça. Elle se sentait seule et la voir la réjouissait en différents points. Elle éteignit l’ordinateur et enfila une paire de basquettes ainsi qu’un pull et un blouson. Dehors, la pluie bâtait son plein. Le col du blouson remonté, elle affronta la pluie jusqu’à sa voiture. Elle fut rapidement chez Clarence. Elle était heureuse de la revoir. Parmi les cartons, elle trouva une place sur le canapé. Pendant qu’elle buvait une infusion préparée par Clarence, elle l’écoutait lui raconter son week-end. Bizarrement, elle prêtait plus d’attention à cette conversation. Elle regardait Clarence. Elle lui adressait quelques sourires. Le temps passa vite à son contact. Il fallait la quitter. Elle la prît dans ses bras et la serra très fort. Puis elle partit. En descendant les escaliers de l’immeuble alors qu’elle regagnait sa voiture, elle sentait son cœur lourd. Les trois mots qu’elle lui avait adressé en partant résonnaient encore.
Une fois la voiture garée sur le parking de son immeuble, elle préféra marcher un peu sous la pluie.

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