Shibari de cire
J’avais loué cet appartement en grande partie pour ces vieux radiateurs en fonte.
J’ai toujours aimé la douce chaleur qu’ils procurent mais je ne pensais pas leur trouver une toute autre utilité.
Dans ce re-nouveau, je m’attèle à être à la hauteur. Je dois sans cesse repousser mes propres frontières pour attiser ses désirs et nous mener au plaisir.
Ce jour-là, j’avais décidé de la laisser m’attendre dans une position qui monopoliserait son attention.
Prenant soin d’elle, j’ai disposé une couverture sur le parquet. Je l’ai installée, agenouillée, mains liées au radiateur du salon. Et je suis partie, me rendant à mes rendez-vous de l’après-midi. Durant toutes ces heures, l’attente fut longue pour moi. Je voulais que son imagination se laisse aller, projetant le sort que je lui réservais lors de mon retour. Je m’inquiétais aussi, de la position inconfortable, du froid… Et puis je me demandais par quoi j’allais commencer en rentrant. Je n’avais pas d’idée précise et comme à chaque fois c’est l’inspiration du moment qui me guiderait. L’après-midi passa, lentement.
Une fois rentrée, j’allais me servir un grand verre de jus de fruits dans la cuisine. Puis le verre à la main, je pénétrais dans la pénombre du salon. Elle n’avait bien entendu pas bougée. Calée contre l’ouverture de la porte, je l’observais. Je parcourais du regard son corps nu. Elle était magnifique.
Je posais mon verre sur la table du salon. Je m’agenouillais à ses côtés. D’une main, je caressais son visage. Cette image à cet instant précis dégagea une telle force en moi, je mesurais l’ampleur de mes sentiments à son égard.
Je me dirigeais vers la chambre car c’est là que ça se passerait. Je l’avais décidé ainsi.
J’ouvrais la malle pour en sortir deux jeux de corde rouge que je posais sur le lit. Je préparais également une cravache, celle avec un embout en acier vieilli que je disposais sur la table de chevet à côté de la bougie.
J’allais la délivrer. Elle devait être engourdie. Je lui laissais le temps de ma douche pour se réapproprier son corps.
J’aime ces moments d’attente. Quand le désir monte lentement accompagné de sa foule de questions. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, je n’ai aucun scénario, juste une ébauche, les liens, la cravache et la bougie. Et j’aime son regard, à la fois inquiet et confiant.
Sortant de la douche, je la trouvais assise sur le bord du lit comme je le lui avais demandé.
Je me plaçais face à elle. Avec l’un des jeux de corde, j’entrepris de pratiquer un shibari me liant le bassin mettant en valeur mon sexe. Je la laissais assister à la scène à quelques centimètres seulement de moi. Le dernier nœud fixé, je pris la deuxième corde. Agenouillée, le buste reposant sur ces cuisses, les bras tendus en avant, je lui liais les poignets au lit. Je pris soin de lui bander correctement les yeux car je voulais qu’elle devine. J’allumais la bougie.
J’allais chercher dans la cuisine les glaçons nécessaires que je disposais dans un bol. Lorsque je revint dans la chambre la scène me saisit de sa splendeur. J’avais du mal à contenir le tremblement de mes mains tellement j’étais en émoi. Et je pensais à ma respiration pour me calmer.
Je caressais l’étendu de son dos comme pour l’habituer. Puis avec un glaçon, je parcourais de sa nuque jusqu’au creux de ses reins, lentement par petites touches. Elle sursautait. Puis j’appliquais le glaçon bien à plat sur sa peau dans de lents va et vient qui descendaient jusqu’à ses fesses. Sa peau semblait rougir sous la morsure du froid. Je voyais son corps se tendre.
Je pris la bougie dans une main et dans l’autre j’appliquais le glaçon sur sa peau. Je contrôlais l’inclinaison de la bougie pour qu’une seule petite goute de cire coule là où je venais de passer le glaçon. Son corps se crispa quand la cire entra en contacte avec sa peau. Elle soupira. Je recommençais l’opération quelques centimètres plus loin. D’abord le glaçon puis la cire qui se fige sur sa peau. Elle gémit. Je parcourais ainsi son dos, de part et d’autre de la colonne vertébrale, à intervalles réguliers, le cire gagnait maintenant la naissance de ses fesses.
Je la laissais souffler un peu, passant mes mains sur ses flancs, la caressant doucement du dos de la main puis la griffant. Elle redressa violemment la tête. J’entrepris alors de parcourir son dos un nouvelle fois. Mais cette fois-ci la cire perla directement sur sa peau. La brûlure la saisit mais je ne lui laissais pas le temps de reprendre ses esprits que je recommençais. Plus grande était les perles de cire sur sa peau jusqu’à créer un filet jusqu’à ses fesses. Elle gémissait. Elle était tendue mais pas encore au maximum. Et je voyais son sexe suinter.
Alors que je dessinais des filets de cire sur ses reins, je lui caressais doucement les lèvres.
Je savais que je pouvais la perdre là, d’un instant à l’autre mais je contrôlais mes gestes. Je voulais l’emmener plus haut encore, plus loin.
Je reposais la bougie et saisis la cravache. Je la fis siffler frôlant ses fesses pour que le bruit lui ravive les souvenirs. Elle leva sa croupe, ce qui me fit sourire et m’envoya une décharge dans le plus profond de mon ventre.
Je m’appliquais alors à claquer le cuir de la cravache sur ses fesses, alternant gauche droite, droit et revers. Je maîtrisais maintenant mon outil avec dextérité. Je savais où et comment placer mes coups. Je savais doser l’intensité. Son corps dans l’attente, j’avais commencé par un coup plus fort. Je la savais prête. Si bien que maintenant chaque coup marquait ses fesses de rouge. Ses gémissements résonnaient avec les miens. Et c’est dans un dernier râle que son corps sombra sur le lit. Elle s’effondra tremblante. Je posais la cravache. Et je m’étendais sur elle, l’enveloppant de tout mon corps. Nous nous sommes endormies ainsi.
Mrs Pelisse a dit,
novembre 12, 2009 à 4:50
Dans l’attente, je me demande parfois ce que l’autre a prévue pour moi, savoir que peut-être rien n’est écrit a un côté très excitant…